Premièrement,

parce que les médecins ont juste besoin d’un outil de prise de RDV et pas d’être sur une plateforme qui les met en concurrence. Si leur but est vraiment d’augmenter leur notoriété, ce n’est pas un bon moyen car les annuaires poseront à terme des problèmes de visibilité. En effet, une fois que toute la profession sera répertoriée, ils devront se démarquer par exemple en payant plus pour être en top de liste.

Deuxièmement,

parce que les plateformes ne proposent pas de sites web personnalisés avec une URL choisie par le médecin. Ce sont des présentations standardisées où ils sont tous montrés de la même façon.

Troisièmement,

parce que les plateformes mentent en prétendant que leur seul but est la prise de RDV. Les grands noms du domaine lèvent des dizaines de millions d’euros pour « améliorer les outils à destination des patients et professionnels de santé ».  Il y a donc un business model autre que les licences d’exploitation payées par les médecins. On peut même en déduire que les médecins payent pour que les plateformes créent à leur insu des fichiers de données de leurs patients dont ils se serviront pour du démarchage. Pour s’en rendre compte, il suffit de lire cet extrait des conditions générales d’utilisations de Doctolib où il est écrit Noir sur Blanc que les données sont exploitées par des Tiers.

Quatrièmement,

parce qu’en acceptant d’être sur ces plateformes, les médecins participent à l’effet booking qui rend les entreprises et professionnels prisonniers d’un système où les règles leur sont imposées. Par exemple, un patient ne pourra pas prendre RDV s’il n’accepte pas que ses données soient exploitées commercialement. Aussi, les plateformes agrègent les noms d’un maximum de professionnels même s’ils ne sont pas clients, sans leur accord, afin d’améliorer leur propre référencement. Si un médecin a son site internet, il sera moins bien référencé ce qui le pénalise. Pour répertorier un maximum de praticiens, les plateformes proposent notamment la fonctionnalité « Recommander votre médecin » dans le but de récupérer des noms, adresses et e-mail. Enfin, les plateformes contournent la règle d’interdiction de publicités en faisant des annonces sponsorisées pour leurs clients aux dépends des autres praticiens.

Cinquièmement,

parce que les médecins doivent se méfier des partenariat douteux avec des assurances qui y voient un intérêt autre que le bien-être de leurs patients. A terme on peut imaginer que les prix des mutuelles se feront en fonction des informations de santé qu’ils auront réussi à glaner.